Lancé par Abdallah Chamekh, Ciné labo, dont l’objectif est l’éducation à l’image en milieu scolaire, annonce sa transformation en association après avoir été un projet personnel. Le réalisateur nous en parle.

Rappelez-nous les objectifs de ce projet qui a démarré en 2015 ?
L’idée est partie de la réflexion suivante. Pourquoi le cinéma n’est-il pas enseigné dans les écoles et les lycées, à l’instar des autres matières comme le dessin et la musique. Il s’agit de créer une autre génération éduquée à l‘image. En 2015, j’ai signé une convention avec le ministère de l’Education nationale où on s’est fixé pour objectif la création de 120 laboratoires de cinéma à travers la République. Il s’agit de former des éducateurs qui dirigeront eux-mêmes ensuite ces laboratoires d’éducation à l’image par le cinéma et l’initiation à cet art. Il y a une initiation à la culture cinématographique et une autre à la photographie. Les éducateurs et les élèves finissent dans chaque atelier par produire un petit film.

Le dernier de votre labo a eu lieu du 15 au 25 mars à Kasserine…

C’est un atelier où nous avons formé un groupe d’éducateurs et d’élèves et qui a abouti à la production de deux courts-métrages de fiction. En parallèle, il y a eu aussi un atelier de formation dans la photographie. Avec Kasserine, nous avons un nouveau noyau qui s’ajoute à celui de Hidra, Thala et Foussana. Il y a donc un centre de décentralisation même à l’intérieur de la région. Actuellement, nous avons créé cinq laboratoires à Kasserine et cinq autres à Sidi Bouzid.

On parle aussi de l’idée de créer un festival des laboratoires de cinéma…

Oui; nous avons pour objectif la création du festival des laboratoires de cinéma dans le milieu scolaire. En effet, c’est une case qui manque chez nous puisque nous avons le film professionnel, le film amateur mais le film scolaire n’existe pas. C’est aussi une initiative qui permet à l’élève de choisir l’option cinéma pour ses études supérieures et être convaincu par son choix. Ce genre de laboratoire permet de contrer le danger de la télévision et des réseaux sociaux qui utilisent l’image à tort et à travers et parfois de manière perverse. Aujourd’hui, nos élèves consomment des images qu’ils ne savent pas décortiquer. Nous projetons de construire une nouvelle vision qui n’est pas basée sur un statut Facebook, mais sur un projet avec un développement visuel.

Pourquoi ce projet rencontre-t-il actuellement des obstacles ?

Le plus grand obstacle obstruant ce projet, comme devant tant d’autres, c’est la bureaucratie tunisienne qui réfléchit de manière très éculée. Pour réaliser un projet d’un mois, il faut galérer parfois pendant un an. D’autre part, il n’y a aucun respect de la part des institutions publiques vis-à-vis des conventions qu’ils signaient avec nous.

Ciné Labo est devenu aujourd’hui une association…

En effet, après un parcours de sept ans, ce projet fonctionne aujourd’hui en tant qu’association. C’est un statut qui va nous ouvrir l’accès aux conventions avec le Fifej, par exemple, ou l’Unicef que nous étudions en ce moment. Il y a aussi une convention avec le Cnci. Le projet est devenu national avec pour objectif de créer 120 laboratoires qui produiront 120 films par an et c’est à ce moment qu’on pourra lancer le festival des laboratoires de cinéma en milieu scolaire.

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