Les journées nationales de vaccination, faut-il le reconnaître, ont donné une véritable impulsion à l’action de lutte contre le coronavirus. Mais, malgré toutes les bonnes volontés de certaines organisations, comme les scouts de Tunisie, le Croissant-Rouge tunisien ou l’Utss, la campagne n’est pas sans reproches.


On a beau faire intervenir des spécialistes et des personnels de la santé sur les plateaux de télévision ou sur les ondes des radios pour appeler les Tunisiens à se faire vacciner en masse, cependant, la désillusion est, toujours, au rendez-vous. Il y a, souvent, ces blocages qui attendent ces gens, qui répondent aux appels incessants lancés sur tous ces médias. Bien sûr, les centres de vaccination ne présentent pas tous les mêmes faiblesses ou défaillances au niveau de l’organisation. Mais il en existe qui rebutent plus d’un.

Si on prend l’exemple des enfants âgés de 15 à 17 ans, on note de nombreuses contradictions entre les propos des officiels et la réalité. On sait que l’idée de rendre la vaccination obligatoire à tous les élèves (l’inscription dans un établissement scolaire serait conditionnée à la vaccination) fait son chemin. De même, la vaccination de tous les personnels est une condition sine qua non. Toutefois, on remarque que le choix de l’âge des enfants à vacciner présente un problème. Aux yeux des responsables du comité scientifique de lutte contre le coronavirus, cette tranche d’âge correspond à celle des lycéens. Or, il y a des lycéens qui ont moins de 15 ans ! Ils sont privés de vaccin ! Donc, il vaudrait mieux lier la vaccination au niveau scolaire. C’est-à-dire permettre à tous les lycéens de se faire vacciner quel que soit leur âge. Autrement, il y aurait ce risque de laisser des élèves non vaccinés dans les établissements secondaires (ceux qui n’auraient pas l’âge requis et ceux qui ne se sont pas fait vacciner).

On note une autre aberration qui relèverait beaucoup plus de la maladie bureaucratique. Il s’agit de la paperasse demandée aux citoyens. Pour vacciner son enfant, on demande la présentation de la carte d’identité du tuteur et un document signé attestant son accord. Comment peut-on recourir à de tels procédés si on veut «faciliter», comme on le dit, la vie aux Tunisiens. Les gens n’ont pas tous des ordinateurs ni d’imprimantes pour retirer ce document. C’est très gênant pour ceux qui se présentent dans différents centres et qui sont renvoyés parce qu’ils n’ont pas satisfait à ces exigences. A la rigueur, on pourrait mettre à leur disposition  ces papiers de «consentement» et ne pas les obliger à abandonner leur droit au vaccin.

Le  Comité scientifique de lutte contre le coronavirus doit trouver des formules toujours plus souples pour répondre aux attentes de toutes les classes sociales si on veut, vraiment, parvenir à la vaccination de tous les Tunisiens. Il ne faut plus renvoyer les gens qui se présentent pour la vaccination. Sinon, on se contredit de manière flagrante.

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