L’entreprise autrement | A quand ce sursaut salvateur ?

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Nous sommes, aujourd’hui plus que jamais,  face à face avec la réalité, la dure, celle qui dévoile tout. Nous sommes face à des vérités qui font, hélas, mal, très mal. Face à des défis insurmontables pour la plupart d’entre eux, du moins dans la conjoncture actuelle.

Nouvelle douloureuse dégradation de la note souveraine de notre pays par Moody’s, abstention quasi-totale des électeurs aux deux tours pour les «Législatives» (17 décembre 2022-29 janvier 2023), déficit record de la balance commerciale, séchresse persistante, pénurie continue ou à répétition des denrées de première nécessité et la liste des déboires est longue et est, hélas, en train de s’allonger.

La dégradation de la note à Caa2, par l’agence américaine, qui veut dire tout simplement que la Tunisie est devenue incapable d’honorer ses engagements financiers extérieurs,  est venue aggraver la situation de notre pays. Lequel fait face à une crise politique, économique, sociale et même morale sans précédent, depuis la grande crise de 2011. Un dernier et inquiétant avertissement avant la banqueroute (une nouvelle dégradation signifiera la faillite).

C’est donc  le cercle vicieux de la faillite totale qui est en train de s’installer et qui risque de tout emporter au fond  de son tourbillon. Un scénario qui n’est pas loin de se concrétiser puisque cela fait des années qu’experts,  connaisseurs  et autres crient à qui voudrait bien les entendre que le pays est en train de couler.

Comment donc espérer redresser la barre au regard de toute cette sentence et celle des urnes de dimanche dernier ? Comment espérer  sauver le pays  alors que le peuple est totalement démoralisé et complètement démissionnaire, que l’économie est en détresse, que la qualité des services sociaux est au plus bas, que les compétences sont en train de quitter le pays par milliers et que la rupture entre le pouvoir en place et une large partie des composantes de la société politique et  aussi celle de la société civile est consommée?

Il n’y a hélas aucune perspective sérieuse, du moins en ce moment d’un dénouement heureux  de la crise qui secoue le pays depuis de longs mois, en l’absence d’un vrai dialogue national qui réunirait les représentants de toutes les structures nationales élues, dont celles qui renferment les meilleures compétences du pays.     

Comment alors espérer assurer la stabilité politique et sociale, une bonne  visibilité, un climat propice aux grandes réformes, la poursuite de la lutte contre la corruption, l’attraction des investissements directs locaux et surtout étrangers, etc. Sachant que les facteurs de production sont devenus très coûteux pénalisant, ainsi, fortement la compétitivité de l’entreprise, le consommateur et partant la compétitivité générale de notre pays.

Avec l’élection de la nouvelle assemblée, l’on ne sait rien sur ce qui va se passer et comment va agir cette nouvelle structure, manquant déjà plusieurs membres (les représentants de bon nombre de circonscriptions à l’étranger) et surtout quand le pays aura sa seconde chambre législative.

Cela en plus du fait que les nouveaux élus  sont, pour la plupart d’entre eux, des débutants, et selon leurs discours respectifs de campagne, ils se sont  focalisés sur des questions locales souvent ponctuelles comme s’ils se présentaient pour des élections locales ou bien donnant l’impression qu’ils vont se substituer au pouvoir exécutif et même à l’administration publique.

Des promesses qui risquent de rester sans résultats et d’entraîner ainsi la révocation du député mis en cause (Article 61 de la «constitution» de 2022). Chose possible et même prévisible, surtout si des considérations du type tribal pourraient intervenir.

Toutes  ces situations critiques doivent prendre fin. Les voix sages doivent s’élever afin d’éviter le pire. Nous devons tous nous mettre d’accord pour mettre fin aux énergies négatives et destructrices qui semblent, hélas aujourd’hui, prendre le dessus et arrêter définitivement le processus de décomposition de notre société, de déliquescence de l’Etat.

La sagesse doit donc prendre le dessus en ce moment,  et ce, comme nous l’avons répété  plusieurs fois  ici même. Il en est de l’intérêt supérieur de la nation. Un accord gagnant-gagnant doit, donc, être conclu, le plus tôt possible entre les forces vives de la nation, et ce, dans le but de sauver le pays puis de le reconstruire et le développer.

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