L’entreprise autrement | Ces cigales qui procurent du travail aux fourmis

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Pourquoi l’été, pourtant saison de l’abondance, se termine-t-il, depuis déjà plusieurs années en queue de poisson? Il fut un temps durant lequel toutes les rentrées avaient lieu le 1er octobre. Trois bons mois avec un rythme différent de celui du reste de l’année, plein d’occasions pour se reposer, se défouler et dépenser mais aussi d’occasions pour travailler et gagner de l’argent.

Oui, la saison estivale durait trois mois d’affilée et tout le monde y trouvait son compte. Trois mois durant lesquels on se reposait certes, mais aussi on en profitait pour travailler mieux ou plus. Exemple, écoles et lycées ouvraient leurs portes quatre jours par semaine de 9 heures à midi pour les cours de soutien.

Autres exemples, administrations et entreprises économiques offraient du travail saisonnier pour les jeunes, tous les lieux de loisirs continuaient à offrir leurs services et à faire travailler des gens. Bref, les congés annuels sont bien étalés, donc ne provoquant pas de vraies chutes de pression et le tourisme intérieur, colonies de vacances comprises, trouve l’occasion pour être plus rentable.

Cela permet, du coup, de maintenir les structures du secteur en activité et les zones touristiques de rester animées, ce qui a pour, entre autres avantages, de prolonger la haute saison balnéaire. Tout le monde le sait, le tourisme c’est aussi le para touristique et l’ambiance générale.

Durant la seconde moitié des années 1970, et après les années fastes du début, le gouvernement de feu Hédi Nouira jugea bon de raccourcir la saison estivale et de ramener les rentrées au 15 septembre, cela sans oublier cette improductive mesure de l’ajout d’une heure.

Devant la situation catastrophique du pays, feu Rachid Sfar, fraîchement nommé en juillet 1986, prit comme première décision d’écourter la saison estivale pour la plupart des catégories de salariés fixant ainsi la rentrée pour le 1er septembre. Mesure contreproductive car inefficace et coûteuse.

Plus de stress, plus de gaspillage d’énergie, plus de repas dehors, traduire charge sociale supplémentaire pour bon nombre d’entreprises et pas de vraie rentabilité. Nous parlons toujours ici côté administrations et leur effectif est énorme.

Cependant, et pour mieux servir leurs clients (on ne dit plus administrés), celles-ci se doivent d’assurer des permanences durant tout l’été. Idem pour les services publics, la Poste, les recettes des finances, les guichets des municipalités, ceux de la Steg et de la Sonede, etc.

A partir de 1988, plusieurs réformes ont touché les horaires administratifs (séance continue pour le Grand-Tunis, etc. Toutes avaient eu des résultats non concluants, y compris celle de 2012, ayant instauré le repos les samedis, alors que les enfants ont cours ce qui n’encourage pas les programmes familiaux de détente et de loisirs. Des tentatives ayant visé les femmes avec enfants ont aussi été prises mais sans aucun impact significatif.

Toutes ces mesures ont été prises, certes à la lumière d’études et d’approches comparées, mais elles pèchent par leur uniformité et l’absence de la notion de permanence. Celle-ci est extrêmement importante pour tout le monde. Sans le système de permanence, aucune réforme ne pourra réussir.

Le temps scolaire est resté, quant à lui, une pierre d’achoppement pour la multitude de réformes ayant touché le secteur de l’Education. Comme pour les salariés il s’agit de trouver la meilleure manière d’alterner travail et repos, de dégager du temps pour les activités sociales et culturelles et pour un meilleur épanouissement de la famille.

L’étude effectuée, il y a quelques années, et qui a révélé que le fonctionnaire tunisien ne travaille qu’environ huit minutes en moyenne par jour, nous a laissé encore perplexes (calculs tenant compte de l’absentéisme et les temps morts et les déplacements inutiles sur site, …)

Oui, le fonctionnaire tunisien, à cause, entre autres d’un management désastreux, est un fardeau pour le pays et un parasite pour le secteur productif, mais ce n’est pas sa faute. Il est lui-même victime d’un système kafkaïen.

Revenons, pour terminer, à la question de notre bonne saison estivale qui pourrait en s’allongeant un peu produire plus de richesses et réduire certains gaspillages pour dire que l’on pourrait envisager cette possibilité en la rendant plus efficace grâce au système de la permanence. Excellente rentrée à nous tous, bon travail et bon courage.

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