Aux dernières nouvelles, le nouveau coronavirus baptisé « 2019-nCoV » a causé la mort de 361 patients sur 17.200 cas confirmés en Chine continentale, selon les dernières statistiques, contre 349, en 2002-2003, suite à l’épidémie de Sras.

Si la psychose s’est installée aux quatre coins du globe, des médecins thaïlandais ont annoncé, avant-hier, avoir expérimenté avec un certain succès sur une Chinoise originaire de Wuhan — l’épicentre de l’épidémie —, atteinte du coronavirus « 2019-nCoV », un cocktail de médicaments utilisés pour traiter la grippe et le VIH (l’agent viral du sida), fait savoir le très sérieux « South China Morning Post ».

La patiente de 71 ans a été testée négative pour le virus 48 heures après que les médecins thaïlandais eurent administré le cocktail de médicaments, souligne le Dr Kriangska Atipornwanich, spécialiste des affections pulmonaires à l’hôpital Rajavithi, à Bangkok, lors de la conférence de presse quotidienne du ministère thaïlandais de la Santé.

Les médecins ont combiné l’ « Oseltamivir » — un médicament utilisé pour la prévention et le traitement des grippes A et B — avec le « Lopinavir » et le « Ritonavir » — deux antiviraux utilisés pour traiter le VIH —, a déclaré Dr Kriangska Atipornwanich.

«Il ne s’agit pas du traitement miracle, mais l’état de la patiente s’est considérablement amélioré. Après 48 heures, les résultats des tests sur ce cas positif il y a dix jours se sont avérés négatifs», a dit Dr K. Atipornwanich. «Les perspectives sont bonnes, mais nous devons mener davantage de recherches pour déterminer si cela peut devenir un traitement standard», a-t-il expliqué.

De son côté, dans une vidéo publiée, avant-hier, sur YouTube, le ministre thaïlandais de la Santé Anutin Charnvirakul a rendu visite à cette patiente chinoise, qui s’était rétablie du coronavirus.

Dans la même vidéo, on voyait l’officiel thaïlandais sympathiser avec la patiente chinoise en mandarin alors que cette dernière exprimait sa gratitude à tout le personnel médical.

A ce jour, la Thaïlande a détecté 19 cas confirmés de virus qui seraient originaires de l’épicentre de l’épidémie, Wuhan, la ville mise en quarantaine par les autorités chinoises.

En dehors de la Chine, il s’agit du deuxième plus grand nombre de cas enregistrés, juste derrière le Japon (20 cas).

Jusqu’à présent, huit patients en Thaïlande se sont rétablis et rentrés chez eux, tandis que 11 sont toujours hospitalisés, rappelle le quotidien anglophone « South China Morning Post ».

Il est à rappeler que le Centre chinois pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) a déjà déclaré avoir isolé le coronavirus « 2019-nCoV » — un séquençage du génome complet » —  et partagé ses résultats, en distribuant son code génétique aux scientifiques du monde entier pour leur permettre de « développer de nouveaux outils de diagnostic et  se lancer dans la recherche de traitements ».

Parallèlement, en Australie, les chercheurs de l’Institut Doherty (Melbourne) ont annoncé être parvenus à répliquer en laboratoire le 2019-nCoV… Voilà une avancée majeure dans cette course contre la montre pour développer un vaccin.

Cependant, il ne faut pas crier victoire. A en croire le responsable du «Laboratoire d’innovation vaccinale» de l’Institut, Pasteur Pr Frédéric Tangy, il faudra « environ trois mois pour produire le premier vaccin et démarrer l’étude de son efficacité chez la souris ».

Un avis aussi partagé par Anthony Fauci de l’Institut national des maladies infectieuses aux États-Unis: pas moins de «trois mois pour lancer un essai de phase 1, puis trois mois pour obtenir des données, avant d’éventuellement lancer une phase 2 sur un plus grand nombre de personnes ».

Néanmoins, avec les résultats cliniques obtenus à Bangkok, c’est une lueur d’espoir pour ne pas dire une lumière (thaïlandaise) dans la grisaille.

Merci la science !

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