Difficile de pouvoir changer les habitudes et les mentalités de ceux qui  ont été endurcis par des coutumes qui remontent à des décennies. Il n’en demeure pas moins que le plus souvent, ceux qui refusent le changement ne sont mus que par des réflexes de suffisance et d’absence totale de bon sens.

Nous sommes en pleine saison des fruits : sur le marché nous trouvons des fraises, des abricots, des nèfles,  des poires, des prunes, des mûres, des framboises,  des pêches de toutes les sortes, des poires de toutes les souches, du melon, des pastèques, des oranges( !).

Nous en avons certainement oublié, tout en sachant que dans moins de deux mois nous aurons la nouvelle récolte de dattes en primeurs, alors que celles de la saison écoulée est vendue à un prix pas très accommodant pour un pays grand producteur et qui n’a pas exporté  autant qu’il l’a fait lors des précédentes campagnes.

A  côté de tous ces fruits splendides, succulents nous retrouvons encore des …bananes, des ananas et des kiwis !

A se demander pourquoi sont-ils là ?

Et on nous parle d’encouragement à la consommation des produits nationaux. Il ne s’agit certes pas de s’adonner à un nationalisme déplacé, mais lorsque des ministres nous clament à toutes les occasions où ils se trouvent derrière un micro et face à une caméra « qu’il faut consommer tunisien », il faudrait savoir ce qu’on veut.

Dans un pays exsangue, tout millime économisé compte. Ces fruits qui viennent de l’étranger, si on s’en abstient, ce ne sera pas la crise et seuls ceux qui n’éprouvent aucun scrupule vis-à-vis de notre situation  iront couper les routes et allumer des pneus.

Ne parlons pas des balais, seaux et verres à thé ou autres babioles,  qui viennent de Turquie ou des biscuits qui nous viennent  d’Afghanistan ou  d’Egypte. Il y a certes des produits qui  proviennent de ces pays, mais il y a des choix à faire et ceux qui   sont réellement utiles parce que   le marché national en a besoin ne sont pas en cause. Qui les a commandés ? Comment sont-ils entrés en Tunisie ? Est-ce  le ministère du Commerce qui a vu que nos produits nationaux avaient besoin d’être concurrencés par ceux qui sont parachutés, ou alors…est-ce le marché parallèle qui les a fourgués à des revendeurs qui ne pensent qu’à l’argent facile ?

Où sont les services  de contrôle ?

Il n’y a pas que les prix que l’on doit surveiller, mais la traçabilité de tout ce qu’on met sur le marché. Surtout que ces produits figurent sur les achalandages de magasins ayant pignon sur rue. D’ailleurs, pourquoi saisit-on les carottes et les navets d’un pauvre marchand ambulant et laisse-t-on ces requins s’engraisser en toute sécurité ?

Pour revenir à ces slogans tirades qui encouragent le  locavorisme et pour éviter que ces slogans et bonnes dispositions   ne soient aussi creux qu’improductifs, il faudrait mener campagne, insister, encourager, d’une manière ou d’une autre, la consommation locale tout en veillant à freiner autant que faire se peut ces débordements aussi regrettables que destructeurs pour ce qui reste de notre économie nationale.

Demandez à nos hôteliers ce qu’aiment consommer ceux qui viennent chez nous. Ils vous diront que nos hôtes se gavent d’oranges, de dattes, de clémentines, framboises, pêches et autres fruits locaux. Les bananes et les kiwis, ils en ont à de meilleurs prix et en meilleure qualité.

 Ces fruits, nous pouvons toujours y revenir le jour où notre  PIB retrouvera de la couleur.

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