Les délais des marchés des transferts ou mercato ont été révisés par la FTF en harmonie avec les recommandations de la Fifa et avec l’allongement forcé qui a eu lieu dans les championnats du monde entier. Toutes proportions gardées, le mercato tunisien va-t-il connaître la même conduite que celui européen où le Covid-19 a frappé lourdement les caisses et la demande des clubs dominateurs.

La comparaison entre les deux marchés est pour certains invalide. Ça n’a rien à voir, mais disons que même si l’écart et la structure sont éloignés, il y a un fait indiscutable : nos clubs, déjà amoindris et très fragilisés sur le plan financier, à part un ou deux clubs, ne vont pas tenter des folies. On remarque que l’on cible de plus en plus des joueurs en fin de contrat en essayant de réduire leurs salaires (c’est une tendance internationale). Le marché ne s’est pas encore ouvert en Tunisie, mais en coulisses, les tractations se poursuivent et les ententes se font discrètement entre joueurs et leurs agents d’une part, et les clubs, d’autre part. En deux mots, ce mercato 20-21, qui va commencer en septembre, va être (devrait être) moins actif, moins «fou» et porté plus vers des transactions «bon marché», les joueurs «libres» et probablement le marché sera porté vers les échanges de joueurs (formule de moins en moins préférée par nos dirigeants). En tout cas, et avec les surenchères médiatiques pour la plupart des joueurs en circulation, et avec également les manœuvres des agents des joueurs (qui à tort et à raison) ont fait flamber le marché, la plupart des clubs ont commis des bourdes qu’ils sont en train de payer en ce moment et sur une période prolongée. Les contrats avec les montants versés aux clubs vendeurs n’étaient pas, souvent, bien rédigés. Les caisses des clubs étaient pénalisées par les avantages concédés aux joueurs au moment de les engager. Et cela, c’est un des inconvénients de notre mercato où les joueurs et leurs agents sont toujours en position de force. Pour qu’un marché des transferts fonctionne correctement, il faut aussi  une information réelle et pertinente, et éviter le jeu des spéculations. Il faut également une offre riche et diversifiée avec différents paliers de qualité pour éviter une situation de monopole. Tout cela, notre mercato ne l’a pas atteint, et  le Covid-19 va confirmer davantage la suprématie d’un ou de deux clubs, et va avantager les joueurs libres. Il y aura plus de sélectivité par la force des choses. Mais au lieu d’aller jeter de l’argent dans le mercato, un club n’a-t-il pas intérêt à regarder du côté de ses jeunes catégories où la qualité et l’appartenance sont beaucoup plus certaines que les joueurs ramenés avec un argent fou.

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Charger plus par Rafik EL HERGUEM
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