Que reproche la Haica à Nessma TV ? Tout simplement de n’avoir à aucun moment accepté ni la Haica ni le texte qui lui permet d’exercer ses «pouvoirs». Dès le premier jour, ce fut une guerre sans merci. Avec plusieurs épisodes, des montées en puissance et des répits provisoires, des empoignades puis des accolades.
Après plus de quatre ans de polémiques, d’escarmouches, de flux et de reflux, la Haica a décidé de sauter le pas et d’agir pour asseoir, enfin, l’autorité qu’elle n’a jamais réussi à avoir ni auprès des médias ni au sein de l’opinion.
En face, un richard des médias, du marketing et de la publicité nourri d’ambition et de prétention, revigoré par une ceinture internationale de financiers pleins aux as et de relations multicolores, que Ben Ali avait dû tolérer pour tenter de crédibiliser son système d’information, n’a, semble-t-il, jamais songé à courber l’échine.
Mais la révolution est arrivée «trop vite», avec ses exigences de liberté, d’expressions multiples et ses prétentions de réglementations «modernes» pour tourner la page des inégalités et des passe-droits.
Et ce fut la naissance de la Haica au tournant d’un beau décret-loi portant la signature de Foued M’bazaâ, président provisoire de la République.
Mais ce qui est beau, moderne, expressif n’est pas toujours convaincant, encore moins bien accueilli ou à l’application aisée.
Car Nessma T.V. était là avant la Haica, occupant la place symbolique de seule chaîne privée, après l’expérience avortée de Canal Horizon.
On a souvent la tentation de dire que ce qui était là avant la loi fait la loi, mais dans notre cas, Nabil Karoui pensait vraiment qu’il allait mettre au point ce texte de l’«émancipation audiovisuelle» lui-même point par point. Jusqu’au réveil brutal hier à l’annonce de la descente policière.
Que reproche donc la Haica à Nessma T.V. ? Tout simplement de n’avoir à aucun moment accepté ni la Haica ni le texte qui lui permet d’exercer ses «pouvoirs». Dès le premier jour, ce fut une guerre sans merci. Avec plusieurs épisodes, des montées en puissance et des répits provisoires, des empoignades puis des accolades.
Et que reproche-t-elle à Nabil Karoui lui-même ? C’est de ne pas cesser de se faire de la propagande, lui qui affirme se présenter à la prochaine présidentielle. Il se trouve justement que depuis la programmation de l’émission caritative et humanitaire «Khalil Tounès» animée par Karoui lui-même en hommage à son jeune fils décédé, controverses et affrontements sont le lot quotidien des échanges entretenus par les deux protagonistes.
Hier donc, la police est venue saisir les équipements de Nessma et interrompre la diffusion.
Les forces de sécurité ont encerclé les bâtiments du  siège de la chaîne privée. Nessma avait été mise en demeure pour diffusion sans autorisation légale.
Cet épisode qui intervient aux termes de qutre années de va et vient et que certains observateurs estiment comme démesuré était peut-être inévitable mais son timing, à six mois des élections générales, n’est sûrement pas de nature à rehausser l’image d’un pays en crise qui n’a plus à brandir que sa démocratie en construction et ses médias libérés.
Surtout que dira-t-on pourquoi un tel verdict n’a concerné que Nessma, et pourquoi Ezzitouna TV a-t-elle été préservée malgré diverses similitudes ?

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Un commentaire

  1. Bougalmi Jamila

    26/04/2019 à 18:15

    bonjour Je suis Femme 60ans en France depuis 50ans Je regarde Souvent Nessma T.V. Merci de nous l’a Remettre pour que je puisse Continuer à Regarder, les Salades de Haica Ne M’interresse PAS
    Jamila

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