«Saha Chribtek» dans sa 4e édition s’est décliné en version virtuelle en ligne pour cause de coronavirus consacrée au cinéma. Les internautes férus ont pu voir «Avant que j’oublie» de Mariam Mekiwi. Pour ce 2e rendez-vous de la manifestation, l’expérimental était à l’honneur. Ou à l’horreur… tout dépend des goûts des spectateurs !

Des décors sous-marins, des prises de vue saisissantes, des plans infiniment larges… La science s’est mêlée le temps d’une fiction courte à la métaphysique, bercée par une musique de films, des personnages à l’aspect farfelu, des interrogations et d’éléments objets incohérents avec l’espace. «Avant que j’oublie» possède son propre univers fictif esquissé pendant 30 mn: il ébranle sans donner de réponses. Le film évoque la disparition d’«El Captain», dans une région côtière : la caméra plonge et remonte à la surface de la mer. Son mouvement est révélateur de réponses ou pas.  Un disciple de ce capitaine plonge afin de couper le câble générateur du Net au fin fond de la mer. Une femme amphibie fait son apparition suite à la montée des eaux : guidée par ses souvenirs, elle est à la recherche de deux autres femmes, hospitalisées, mais qui se portent bien. Le Dr Sharaf voudrait réunir cette famille des amphibiens pour sauver le monde. Le pitch du film est à l’image de son contenu : éclaté et insaisissable. Le court métrage de Mariam Mekiwi jouit d’une grande maîtrise technique, même si la thématique, le contenu ou le message prôné par la création reste impénétrable.

La manifestation «Saha Chribtek» a été inaugurée toujours sur «Artify» avec le film «Parentés sauvages» de Jumana Mana : un documentaire d’une heure réalisé en 2018 et qui se déroule à Alep. Les spectateurs se retrouvent dans un centre international de recherche agricole dans une zone aride qui doit être délocalisé ou isolé à cause de la guerre. Il a été réimplanté au Liban et puise dans la Réserve mondiale de semences du Svalbard, une île norvégienne. Des acteurs géographiquement et politiquement éloignés se retrouvent soudés autour du centre. La manifestation s’étend toujours sur Artify jusqu’au 22 mai. Le film reste accessible sur le site pendant 24 heures.

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