Aïd moubarek et joyeuses fêtes ! Le cas, vraiment, de le dire, cette année.

Nous sortons d’une épidémie qui ravage encore de par le monde. Et pas les moindres pays. Les plus puissants et les plus dotés. Ça n’est pas peu. Le devons-nous à nous-mêmes où à quelques autres raisons ? Il n’importe. Le pire est, visiblement, derrière nous.

Nous venons, ensuite, de traverser un Ramadan entier avec le moins possible de dégâts.

Juste des rétentions de farine, au début, mais pour le reste, abondance. L’habituelle «bouffe du mois saint».

Juste, encore, des prix d’aliments à la hausse. Mais à la hausse des prix ne sommes-nous pas rodés déjà ? Celle-ci perdure voilà près de dix ans, mais pas un gouvernement n’y pare. A la longue, d’aucuns se contentent de râler, d’autres ont pris le pli, d’autres encore (la majorité, indiquent les chiffres) ont simplement renoncé.

Juste, à la fin, la caisse de Zaket «relancée» par maître Laâyouni à la mairie du Kram. Grosse affaire, à vrai dire, puisque cette même caisse vient d’être rejetée par l’ARP. Puisque, également, contraire à l’article 6 de la Constitution. Me Laâyouni s’est fait connaître en dirigeant les tristement célèbres «comités de protection de la révolution». Milices islamistes, intégristes et takfiristes, aujourd’hui

interdites, mais que l’avocat «faucon» d’Ennahdha cherche à ressusciter «à sa manière». En «jouant» sur les lois. En comptant, surtout, rallumer la «guerre des idéologies» que nous estimons bel et bien dépassée en Tunisie.

Grosse affaire, grosse polémique et gros tollé, peut-être, mais au final que du «léger». Le rapport de forces politiques n’est plus le même qu’en 2012 et 2013. Me Laâyouni s’illusionne, à coup sûr, on ne refait jamais le passé. Ce ramadan 2020 aura montré, en fait, une Tunisie autrement soucieuse, autrement volontaire, autrement impliquée. Face au Corona, par-dessus tout, on y a retrouvé les qualités de rationalité et de pragmatisme qui présidèrent aux années de l’édification nationale. Rigueur aux soins. Sérieux des confinements. Et un attachement inébranlable à la vie. Les «fatawas» de Me Layouni et autre, «revenant», Hamadi Jbali ne prennent plus. Sonnent, irrémédiablement, faux.

Du positif, aussi, à la télé, toujours ramadanesque, on le sait, mais particulièrement utile et affûtée cette fois-ci.

Utile, en l’absence, forcée, des spectacles en salles et des animations de rue. Reclus, on n’a pas tant souffert l’ennui. Les reprises ont pratiquement comblé le vide. Des feuilletons qui gardent leur attrait. Des séries et des variétés qui séduisent et émeuvent encore. Quelques émissions nouvelles, aussi. Dont de très réflexives (à la bonne heure) sur nos Arts, hier, aujourd’hui et demain.

Affûtée, car malgré les arrêts de tournages, malgré les difficultés de financement, malgré les réserves sur les contenus, une télé qui a finalement pu préserver son image et être à l’heure.

Réussir son pari, même par endroits. Exemple de la «Nouba 2» de Abdelahmid Bouchnaq, côté feuilleton. Travail innovateur, sans nul doute. Et des «Chriniyat» de Chirine Lajmi (fille prodige de notre regretté grand artiste et ami Med Lajmi), côté «musicales» (sur Tounessna). Régal de débats et d’invités de choix.

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